Pauline Déroulède, une histoire de résilience

Production

Kartagen

Producteur

Jérôme Dindar

Réalisation

Florence Helleux

Diffusion

France 2

Année

2022

Durée

25'

Pauline Déroulède et sa compagne Typhaine partagent leur histoire tragique et belle à la fois.

Résumé

Pauline Déroulède, est une joueuse de tennis handisport française, professionnelle depuis 2019. Elle est la compagne de Typhaine Lacroix.

Quelques semaines après le début de leur histoire d’amour, un accident tragique bouleverse leur vie : alors que Pauline attendait Typhaine sur son scooter à l’arrêt sur le trottoir, un nonagénaire perd le contrôle de sa voiture et fonce à 80 km/h sur elle.

Si elle a eu la vie sauve grâce au casque qu’elle portait, Pauline n’a pas échappé à l’amputation d’une jambe et à 8 mois d’hospitalisation et de rééducation. Leur couple aurait pu voler en éclats, mais leur amour en est ressorti plus fort. Les filles concrétisent alors un projet familial : Typhaine donnera naissance à leur fille.

Pauline s'implique dans la prévention routière et milite pour mettre en place des contrôles d'aptitude à la conduite, régulièrement, à partir d'un certain âge.

Interview de Paulien Déroulède

Je suis passée d’une vie ordinaire à une vie plus extraordinaire. Il y a trois ans, j’ai été fauchée par un véhicule et j’ai perdu l’usage de ma jambe gauche. Quelques heures après mon accident, lorsque j’étais en salle de réveil, je m’étais promis, ainsi qu’à mes proches, que je disputerai les Jeux Paralympiques à Paris en 2024. Il me fallait un objectif suffisamment ambitieux pour pouvoir avoir la force de me relever. Quelques mois plus tard, après l’hôpital, la rééducation et la reprise de la marche avec prothèse, j’avais enclenché le processus pour suivre cet objectif. Le tennis-fauteuil est apparu vite comme une évidence car je jouais déjà au tennis. Il fallait juste que je me débloque psychologiquement. J’ai finalement réussi à vivre la vie dont je rêvais étant petite, avec une jambe en moins. Aujourd’hui je suis championne de France. Il y avait énormément d’émotions le jour où j’ai décroché ce titre, je me refaisais le film du chemin parcouru. C’est dans ces moments-là qu’on se dit qu’on est content d’être en vie et qu’on a choisi le bon sport. Je n’attends que d’être à Paris en 2024 pour avoir du public et vivre des grandes émotions. Je suis déterminée.

ÉTAIT-CE UN RÊVE D’ENFANCE DE DEVENIR CHAMPIONNE ?

Quand j’étais jeune, je voulais être sportive de haut niveau et le tennis a toujours été mon sport principal. Cette recherche de l’intensité et de l’effort m’a toujours plu. Et puis, la vie a fait que j’ai pris un autre chemin, notamment celui de la télévision. Mais le sport a quand même gardé une grande place dans ma vie, j’en faisais encore beaucoup. Donc j’avais abandonné ce rêve mais j’étais très heureuse dans ma vie. Et l’ironie du sort a fait que je l’ai réalisé aujourd’hui, avec un handicap. Ma volonté depuis cet accident était de transformer ce drame en quelque chose de positif. Le sport m’a sauvé et m’a permis de rebondir.

VOUS ÊTES TRÈS ACTIVE SUR INSTAGRAM POUR PARTAGER VOTRE HISTOIRE AVEC VOTRE COMMUNAUTÉ. QUEL EST VOTRE LIEN AVEC ELLE ?

Je me suis toujours efforcée de montrer l’envers du décor. On n’est pas des super-héros. Ce n’est pas parce qu’on s’est relevé que tout va bien. Je n’ai jamais rien caché et lorsqu’il y a des moments difficiles, je les partage. Cela rend les moments extraordinaires, que je partage aussi, encore plus forts.

CETTE PHRASE « LA VIE DONNE SES PLUS DURS COMBATS À SES PLUS SOLIDES SOLDATS » RÉSONNE BEAUCOUP SUR VOTRE INSTAGRAM, QUE SIGNIFIE-T-ELLE ?

C’est ma phrase, ça ! Elle symbolise ma philosophie de vie depuis cet accident, et me permet d’accepter les épreuves qu’il faudra affronter. Il se trouve que j’ai été soignée à l’hôpital militaire, et j’ai toujours eu une grande admiration pour les militaires, qui sont également de grands sportifs. Je pense être aussi un petit soldat, plus modestement, qui obéit aux ordres quand il faut et qui tient l’intensité. Car on a des ressources inimaginables, c’est aussi quelque chose que j’ai appris.

QUEL MESSAGE POUVEZ-VOUS TRANSMETTRE AUX JEUNES EN SITUATION DE HANDICAP QUI RÊVENT D’ÊTRE SPORTIFS DE HAUT NIVEAU ?

Je leur dirais d’accepter les moments durs. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Mais si on aime ce qu’on fait et qu’on est bien entouré, on finit toujours par s’en sortir. Il ne faut rien lâcher. C’est assez banal de le dire, mais c’est tellement vrai et c’est le message le plus im- portant que je pourrais livrer. Comme on dit, le calme après la tempête.

EST CE QU’IL Y A EU UN CONSEIL QUI VOUS A MARQUÉ ?

Le lendemain de mon accident j’étais en grande détresse, et un colonel est venu me voir. C’est lui qui m’a dit que j’étais un jeune soldat, et que tous mes projets ne seraient que reportés. C’est vrai que cette phrase est restée dans ma tête, surtout lors des moments durs. Désormais, je me dis que j’accepte, et je sais que ça va tourner. Parce que la flamme reste en nous. Il suffit juste de la rallumer. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

Extrait du WOMEN SPORTS N°25 Eurosport